Soukaina, la Taarabt et Tamoalimt
Aventure à Asflala-Plateau Kik

  Il est commun de parler de la compassion, de la patience, de l’empathie et bien d’autres valeurs, qui sont avant tout une attitude, voire l’image même d’une éthique de vie. La femme passionnée de relations liant l’Homme à sa nature qu’elle est, n’a su savourer l’ampleur et la sacralité de ces valeurs qu’à 27 ans de sa vie. 

  Eh Oui ! Soukaina la rebelle s’est aventurée en 2018-2019 dans une nouvelle expérience, unique et challengeante, celle d’une valeur universelle aujourd’hui de plus en plus en vogue : le volontariat. Ce choix était pour elle une manière de retrouver sa personne, ses compétences mais surtout l’humain qui la passionne incessamment. 

  Elle arrive à Plateau Kik, le 23 Novembre 2018 ; ce jour-là elle commence un long séjour de 9 mois de service, en tant que volontaire Corps Africa. Elle se trouve à 540 Kilomètres de sa ville natale en plein plaines d’Al Haouz, un environnement dont elle n’a jamais entendu parler, et elle l’entend en TAMAZIGHT. De là, elle est Taarabt (celle qui parle l’Arabe), Taalmoalimt (la maitresse) ; ce sont ces deux titres qui ont marqué le plus son passage à Kik. 

  Son service fut à Asflala, sa maison se situe à 30 min de ce placé en haut de la pente d’une des plus belles plaines d’Alhaouz. Elle habite une maison chaleureuse, un autre Douar avoisinant Asflala, appelé Tiwli kik. Ces deux douars ont été son co-working space, à travers lesquels elle développe une nouvelle alliance entre les deux communautés. 

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  Au début, il était difficile pour elle de tolérer certaines réalités, les disparités entre Homme et femme, le mode de vie au Douar, le niveau de scolarité, la routine des femmes, certaines croyances, et surtout le climat très rude. Personne ne comprenait ce qu’est le volontariat, et ce fut par là qu’elle commence une double mission : expliquer et  enraciner la culture du volontariat au sein de ces communautés. 

  Avec enthousiasme et ouverture d’esprit, Taarabt arrive au bout du premier mois à gagner la confiance des deux douars, le secret ? Garder toujours le sourire et l’extrême simplicité. Sa journée commence à 10h du matin et finis à 17h, du lundi au vendredi elle n’épargne aucun effort pour soutenir les différentes parties à vivre et à découvrir de nouvelles choses.

Un changement n’est mené que par des compétences dont la culture, les valeurs et le regard sont communs dans le passé comme dans le futur. – Soukaina Boukchouch

  Parmi ces nouvelles choses était le soutien scolaire aux écoliers, c’était pour elle une manière de tisser des liens de collaboration et du travail en groupe entre cette génération en pleine énergie. Bien encore, ces cours l’ont été un moyen à travers lesquels elle enseigne la méthodologie surtout, comment apprendre de nouvelles choses, d’être curieux à ses écoliers, qui pour elle sont ses enfants. 

  De plus elle maintient quotidiennement, à partir de 14h des cours d’alphabétisation et d’éducation informelle aux femmes et jeunes filles du Douar. Etrangement, ces cours se transforment au fil des jours, à des séances d’accompagnement psychique à cette catégorie très vulnérable dans cette zone rurale. Elle profite de leur confiance pour initier des moyens de bord permettant à ces femmes et jeunes filles une meilleure estime de soi. 

  Au bout du 5ème mois de son service, tout en se basant sur une approche « human centered design projects », elle conçoit à l’aide de sa communauté un espace multifonctionnel, servant d’espace de travail en groupe (entre les écoliers), une classe de séances d’alphabétisation,  et enfin une salle de réunion et d’activité pour l’association locale. Il convient de souligner, que la salle a été consacrée au stockage du matériel abandonné. 

  Ce qui importe pour Soukaina, c’est la dynamique de développement  que chacun peut catalyser en passage, le volontaire doit inspirer à la communauté le rôle de la collaboration et l’apport des petits gestes dans le redressement du sort, et plus encore le potentiel amassé en chacun de nous, permettant un changement éminent et durable. Car le leadership engagé pour le développement ne peut avoir lieu que par le biais d’un modèle de leadership local inspiré de l’environnement et du contexte propre à chaque communauté.

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